Le commerce, la diplomatie et la guerre

Jamestown, Québec, Santa Fe: trois berceaux nord-américains

Le commerce, la diplomatie et la guerre

Les Européens et les Autochtones des Amériques commerçaient, négociaient, coopéraient et se mariaient entre eux. Ils s’engagèrent aussi dans de violents conflits. En Virginie et au Nouveau-Mexique (ainsi qu’en Nouvelle-Angleterre), il vint un temps où les Autochtones se soulevèrent et organisèrent des attaques coordonnées. Par contre, aucune guerre de ce genre n’eut lieu en Nouvelle-France, où la population française peu nombreuse, l’exploitation modeste des territoires des Autochtones et les politiques d’alliance exerçaient moins de pression sur les sociétés autochtones.

Le commerce et la diplomatie

Jamestown
Le plan d’affaires initial de la Virginia Company consistait à échanger du cuivre contre du maïs. On souhaitait que les colons dominent les Powhatans et s’approprient le riche tribut que les nations affiliées avaient coutume de payer à Wahunsonacock, le plus puissant chef powhatan. Quant à ce dernier, il désirait intégrer les nouveaux venus comme un nouveau groupe affilié à son système d’alliances. Ces divergences de vues créèrent des conflits dès les premières années. Les relations dégénérèrent au fur et à mesure de l’accroissement de la population anglaise, qui avait besoin de terres pour la culture du tabac.

Bartholomew Gosnold était le capitaine du Godspeed, le plus grand des trois navires de la Virginia Company. Dans son America, Theodore de Bry le montre en train de commercer avec des Autochtones de la Nouvelle-Angleterre, en 1602, lors d’une expédition au cours de laquelle il donna des noms anglais à Cape Cod et à Martha’s Vineyard (en l’honneur de sa fille).Reproduction
Virginia Historical Society

Québec
Les Français dépendaient de leurs alliés autochtones pour la croissance et la survie de leur colonie. Le commerce et les échanges de cadeaux étaient essentiels au maintien de la traite des fourrures et des alliances militaires qui compensaient la faible densité de la population européenne de la Nouvelle-France. Les commerçants de fourrures et les dirigeants politiques français s’adaptèrent aux protocoles du commerce et aux formalités diplomatiques des Hurons et d’autres nations autochtones, qui exigeaient notamment l’échange rituel de cadeaux pour sceller des ententes et créer un climat de confiance mutuelle.

Les clochettes en laiton, comme celles-ci provenant d’un établissement autochtone à Onondaga, dans la colonie de New York (vers 1654-1681), étaient des objets de commerce courants que les Autochtones portaient sur des colliers, sur leurs vêtements ou dans leurs cheveux.
National Museum of the American Indian, Smithsonian Institution (19/1577)

Santa Fe 
Les peignes, les couteaux, les aiguilles, les miroirs et d’autres articles apportés par les Espagnols étaient très prisés par les Pueblos. Les objets transitaient par le camino real (le chemin du roi), une route qui s’étendait vers le sud sur environ 2 500 kilomètres, jusqu’à la ville de Mexico.

Les Pueblos échangeaient leurs poteries traditionnelles contre des articles de confection européenne comme ces cisailles. Colons et Pueblos échangeaient aussi, avec les Apaches et les Navajos de la région, des denrées alimentaires, des peaux, du bétail, des bijoux et des couvertures tissées.

Cisailles en fer forgées à la main, datant du XVIIe siècle et trouvées au Nouveau-Mexique.
Museum of Spanish Colonial Art, Collections of the Spanish Colonial Arts Society, Inc.