Le commerce, la diplomatie et la guerre (suite)

Jamestown, Québec, Santa Fe: trois berceaux nord-américains

Le commerce, la diplomatie et la guerre (suite)

Tensions et conflits armés

Jamestown

Wahunsonacock alternait entre ses offres d’amitié aux Anglais et ses menaces de guerre. Quand le tabac devint une culture de base, l’intérêt des Anglais pour les denrées se tourna vers l’acquisition de terres. Entre 1617 et 1622, ils établirent 23 « plantations particulières » au-delà de Jamestown. Les Powhatans répliquèrent à ces empiétements en déclenchant des guerres, de 1622 à 1632 et de 1644 à 1646. Après leur défaite, les autorités anglaises les confinèrent dans de petits territoires.

La troisième guerre entre les Anglais et les Powhatans, celle de 1644-1646, mena à la dissolution de l’empire powhatan. Les survivants acceptèrent la souveraineté du roi d’Angleterre, et ceux de l’Est furent confinés dans de petits territoires. En 1662, la Virginie émit aux chefs et aux guerriers autochtones des insignes en argent et en cuivre, qui servaient de laissez-passer sans lesquels ils ne pouvaient pas entrer dans les établissements anglais. Celui-ci porte l’inscription « Ye King of » [Le roi de] gravée sur un côté et le nom « Patomeck » [Potomac] sur l’autre.
Virginia Historical Society, don de John Pratt

Québec

Les alliances de la France avec les Premiers Peuples furent extrêmement durables. Tout au long du XVIIe siècle, les colons français s’allièrent aux Hurons et à d’autres nations contre les Iroquois et les Anglais, qui étaient leurs rivaux dans la quête des fourrures et l’occupation des territoires. En 1650, les guerriers iroquois avaient déjà vaincu et dispersé les nations huronnes. Le roi de France envoya des soldats dans la colonie pour poursuivre les guerres et défendre ses frontières. La conclusion de nouvelles alliances, pour combattre les Anglais et les Iroquois, devint une préoccupation majeure de la Nouvelle-France.

Cette ceinture wampum huronne servit à consigner les termes d’un traité conclu avec la Ligue iroquoise des Cinq-Nations, à l’embouchure de la rivière des Outaouais, en 1612. Le carré représente les quatre nations constituantes de la confédération huronne. Les bandes aux extrémités représentent des gens (symbolisés par la couleur violet), marchant ensemble en paix (symbolisée par le blanc). Ces nations rivales avaient peut-être conclu une paix temporaire dans l’espoir de tirer mutuellement profit de la traite avec la nouvelle colonie française, à Québec.
National Museum of the American Indian, Smithsonian Institution (1855) 

 

Santa Fe

Les Pueblos furent toujours plus nombreux que les Espagnols au Nouveau-Mexique, et ceux-ci eurent du mal à y installer leur domination. En 1573, le roi Philippe II proposa une appropriation pacifique du Nouveau Monde au lieu de conquêtes violentes. Dans les faits, ce fut autre chose. Dans les années 1670, des années de sécheresse, d’exploitation économique et de répression des pratiques spirituelles des Autochtones poussèrent la plupart des peuples pueblos à unir leurs forces contre l’occupation espagnole. En 1680, une alliance pueblo se souleva à la fois contre les autorités civiles et religieuses, et chassa les Espagnols de la province jusqu’en 1692.


La révolte des Pueblos, en 1680, avait regroupé des collectivités éloignées les unes des autres par des centaines de kilomètres et parlant six langues différentes. L’un des coordonnateurs de l’alliance était Popé de San Juan. Il n’existe aucun portrait contemporain de lui, mais le sculpteur Clifford Fragua, de la communauté pueblo de Jemez, réalisa cette statue qui est érigée au Capitole des États-Unis.
Architect of the Capitol, Washington, D.C.