Les nouvelles économies

Jamestown, Québec, Santa Fe: trois berceaux nord-américains

Les nouvelles économies

La Virginie et le Québec ont tous deux développé des systèmes économiques et sociaux fondés sur un seul produit de première nécessité. Par comparaison, le Nouveau-Mexique produisait diverses denrées qu’il exportait en Nouvelle-Espagne.

Les Européens, les Amérindiens et les Africains connaissaient tous certaines pratiques institutionnalisées de l’asservissement et de l’esclavage. La pénétration des Européens dans les Amériques engendra toutefois de nouvelles façons de contrôler la main d’œuvre, notamment le recours aux engagés à long terme et aux esclaves considérés comme « biens meubles ». Les trois colonies élaborèrent des types différents de main d’œuvre captive dont elles dépendaient à différents degrés. 

L’agriculture et les biens de première nécessité

Jamestown

Les Anglais de Jamestown découvrirent un moyen de prospérer qui changea les plans de tout le monde. L’engouement pour le tabac, dans les années 1620, permit à certains de faire fortune, et bientôt les Anglais se mirent tous en quête de terres et de nouvelles façons d’attirer et d’exploiter la main d’œuvre. Les administrateurs anglais souhaitaient que la colonie diversifie ses activités et produise de la potasse, de la soie et d’autres denrées, mais les colons firent la sourde oreille. Les Powhatans furent marginalisés dans cette nouvelle économie de la Virginie anglaise, fondée sur un produit de consommation courante.

Cette fourche, trouvée à Jamestown, servait probablement à ramasser le foin. 
National Park Service, Colonial National Historical Park

Québec

Même si les compagnies françaises engagées dans la traite des fourrures avaient établi de grands domaines agricoles appelés seigneuries, l’économie était fondée sur la traite des fourrures. Les alliés autochtones des colons pratiquaient la chasse et le trappage. Les hommes chassaient, et les femmes préparaient les peaux en vue de leur expédition dans les ports français. Pendant des décennies, les Français agirent comme intermédiaires. Vers 1650, les Iroquois anéantirent en grande partie les nations huronnes, et les Français se mirent à parcourir l’arrière-pays pour y commercer et y trapper. Ces coureurs des bois développèrent un mode de vie plus nomade que celui des colons établis.

Dès 1570, les fourrures d’Amérique du Nord firent leur apparition sur les marchés européens. La traite des fourrures canadiennes devint très rentable lorsque le chapeau à large bord, en peau de castor, vint à la mode. Les chasseurs utilisaient des crochets pour tirer les castors hors de leurs huttes. Ceux-ci proviennent de Mingan, au Québec, qui fut un poste de traite de 1661 à 1922. 
National Museum of the American Indian, Smithsonian Institution (24/1612)

Santa Fe

Les Pueblos pratiquaient la culture en terrain irrigué et se spécialisaient dans le maïs, les haricots, la courge et le coton. Ils faisaient aussi la chasse et la cueillette en saison.
Les Espagnols introduisirent de nouveaux animaux domestiques. Le Nouveau-Mexique développa une économie alliant l’agriculture à l’élevage du mouton, de la chèvre et des bovins; au commerce des peaux de bison et de cerf; et au commerce de denrées essentielles, dont le sel et le pignon.

L’élevage du mouton, de la chèvre et des bovins devint une composante importante de l’économie du Nouveau-Mexique. L’exportation de la laine des petits moutons churro xérophiles générait de bons profits. Dès les années 1630, les Néo-Mexicains commencèrent à exporter des moutons sur pied vers le sud pour nourrir les habitants des villes minières croissantes de la Nouvelle-Espagne.
Photo : Central Photographic Studio, Palace of the Governors, The New Mexico History Museum, Museum of New Mexico, Department of Cultural Affairs